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Note de lecture

Frédérique Guétat-Liviani, Il ne faudra plus attendre un train, éditions LansKine

Ce recueil emprunte son titre à l’une des trois parties qui le composent : si c’était le cas, (passe) ; il ne faudra plus attendre un train. En découvrant cette composition, on pense spontanément à un ensemble où viendrait s’intercaler le texte de (passe). Puis l’œil et l’oreille distinguent vite une même voix, dans ces deux pans, deux partis pris formels différents dans le cheminement de l’écriture de Frédérique Guétat-Liviani. C’est dans les trous de la parole que le poème progresse, hésite, cherche. Des blancs, des temps d’arrêt en résonance, comme on reprend son souffle ou cherche ses mots, débarrassés de toute ponctuation et majuscule qui font les repères usuels d’une phrase. Pour autant la ligne narrative est bien là, dans chacune des parties qui organisent ce recueil où le personnage clé nie la vie, la sienne, celle qui la rattache aux autres, à son propre fil génétique :

« ma nie
nie tout en bloc les enfants filles et garçon
toutes les sortes de descendance non elle ne les connaît pas »

L’écriture semble aller à contre-courant de cette négation, de cette préparation à la disparition qu’annonce avec insistance la perte de la mémoire. Et de la langue avec la disparition physique :

« la dernière locutrice de ma langue première s’éteint
en tout début d’après-midi »

La mort et la naissance, se mêlent en un même souffle comme
« lorsque nous faisions corps elle
la mère inconnue et moi l’enfant reconnue »

Ultime rencontre avec la mère, la mort se profile
« comme pour une naissance prévision aléatoire ».

Des textes qui tracent peu à peu des esquisses aux traits légèrement estompés, et cependant affirment lentement, d’une main sûre et d’un regard ferme, cette dureté sans emphase qui fait la force de ce recueil. Ourlé d’une belle couverture dont on présume qu’elle est aussi la signature de la poète.

Etienne Faure

Justyna Bargielska, L’enfant des dons, éditions LansKine

C’est en version bilingue, grand luxe en ces temps, que le sixième recueil de la poète polonaise, Justyna Bargielska, est présenté par Isabelle Macor, traductrice, qui donne quelques repères décisifs en postface pour une entrée en matière dans ces trente-trois textes…

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Eric Villeneuve, Tache jaune Monochrome bleu Sorte de blanc, éditions LansKine

Eric Villeneuve est-il un grand enfant, nourri aux contes et au Danemark d’Andersen, entre Odense et Skagen ? Cet auteur qu’on a pris l’habitude de lire sous la rubrique « roman », livre ici un recueil un rien hybride qui prend son départ dans la force des mots, leur indépendance, dont, à la source, ceux de « Jensens, Brohus Odense ».

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Thierry Romagné, Trois feux de langue, éditions Rehauts

Un recueil qui commencerait par « Ahh, ahh, brr ! » et se clôturerait par « enfin en feu » serait bien prometteur. Un texte polyglotte prêt à tout. C’est en effet ce qui arrive au lecteur en découvrant cet étonnant et riche ensemble dont certains poèmes, pour notre bonheur, avaient d’abord paru dans plusieurs revues.

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Le journal des poètes 1/2022

Le Journal des Poètes, numéro 1 de l’année 2022 – La langue est aussi frontière, nous dit Jean-Marie Corbusier, pratiquer un art, c’est toujours ouvrir quelque chose qui est présent autour de nous. C’est d’un même esprit d’ouverture que témoignent les poètes luxembourgeois auxquels est consacré le dossier présenté par Florent Toniello. Ici les langues dépassent les frontières, elles se chevauchent…

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