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Note de lecture

Eric Villeneuve, Tache jaune Monochrome bleu Sorte de blanc, éditions LansKine

Eric Villeneuve est-il un grand enfant, nourri aux contes et au Danemark d’Andersen, entre Odense et Skagen ? Cet auteur qu’on a pris l’habitude de lire sous la rubrique « roman », livre ici un recueil un rien hybride qui prend son départ dans la force des mots, leur indépendance, dont, à la source, ceux de « Jensens, Brohus Odense ». « Telle est l’histoire » introduite par une citation d’André Hardellet : « Le décor avait reculé d’un pas, un pas énorme, dans une région vide où il m’entrainait avec lui. » Après une lente entrée en matière, en décor et en histoire, avec ses règles du jeu, commence l’exploration en 64 récits qui ponctuent ce recueil. Cette déambulation agit sur l’âge du découvreur, car « l’âge que l’on a, aux portes du conte, et l’âge que l’on a en son sein (tel que l’on s’y projette), ce n’est pas le même. » Si bien qu’en remontant vers la source, aussitôt « on rajeunit ». La narration par laquelle s’enfonce la dérive onirique est guidée par un je qui peu à peu s’avance en un long soliloque, que font bifurquer les mots bruts, les onomatopées, les mots capables de se changer « en leur parfait contraire, leur double bénéfique » et faire accéder en glissant d’une histoire à l’autre, au conte, le seul de l’enfance, « le conte dont nous sommes originaires ». Les mots et les noms d’habitants, soudain surgis au hasard de platines d’interphones, qui font comme des énoncés magiques, conjuratoires, dont la formule eût été apprise par cœur « dans une autre vie ». Un conte qui ne s’en laisserait pas conter avec une morale, ou alors celle-ci : « j’en ai trop dit ». Ce sont les derniers mots de ce lent mouvement onirique. « Est-ce donc cela, un conte », s’interroge au bout de cette déambulation le rêveur. « Une histoire que l’on improvise, en état de faiblesse ou de sidération, à la faveur de quelques mots nouveaux ? »

Etienne Faure

Justyna Bargielska, L’enfant des dons, éditions LansKine

C’est en version bilingue, grand luxe en ces temps, que le sixième recueil de la poète polonaise, Justyna Bargielska, est présenté par Isabelle Macor, traductrice, qui donne quelques repères décisifs en postface pour une entrée en matière dans ces trente-trois textes…

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Frédérique Guétat-Liviani, Il ne faudra plus attendre un train, éditions LansKine

Ce recueil emprunte son titre à l’une des trois parties qui le composent : si c’était le cas, (passe) ; il ne faudra plus attendre un train. En découvrant cette composition, on pense spontanément à un ensemble où viendrait s’intercaler le texte de (passe). Puis l’œil et l’oreille distinguent vite une même voix, dans ces deux pans, deux partis pris formels différents dans le cheminement de l’écriture de Frédérique Guétat-Liviani.

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Thierry Romagné, Trois feux de langue, éditions Rehauts

Un recueil qui commencerait par « Ahh, ahh, brr ! » et se clôturerait par « enfin en feu » serait bien prometteur. Un texte polyglotte prêt à tout. C’est en effet ce qui arrive au lecteur en découvrant cet étonnant et riche ensemble dont certains poèmes, pour notre bonheur, avaient d’abord paru dans plusieurs revues.

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Le journal des poètes 1/2022

Le Journal des Poètes, numéro 1 de l’année 2022 – La langue est aussi frontière, nous dit Jean-Marie Corbusier, pratiquer un art, c’est toujours ouvrir quelque chose qui est présent autour de nous. C’est d’un même esprit d’ouverture que témoignent les poètes luxembourgeois auxquels est consacré le dossier présenté par Florent Toniello. Ici les langues dépassent les frontières, elles se chevauchent…

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