Note de lecture

Élisée Reclus, Histoire d’une montagne Histoire d’un ruisseau, par Charles Jacquier

Élisée Reclus, Histoire d’une montagne – Histoire d’un ruisseau, Libertalia, 2023, 432 p.

En 1869, huit ans après la publication de son premier livre – en dehors des guides de voyage auxquels il a déjà collaboré, Voyage à la Sierra Nevada de Sainte-Marthe -, le géographe Élisée Reclus (1830-1905) publie Histoire d’un ruisseau. À la même époque paraissent les deux tomes de La Terre, description des phénomènes de la vie du globe (1868-1869) qui lui vaut la reconnaissance scientifique de ses pairs. Il y a sans doute dans cette concordance de publications une volonté de leur auteur de s’adresser à tous les publics, non seulement aux géographes avec La Terre, mais aussi au plus grand nombre avec Histoire d’un ruisseau. En effet, Reclus ne sépare pas ses travaux scientifiques réservés à un panel de spécialistes de la volonté de faire partager ses connaissances au public le plus large possible. Il peut se le permettre car il possède parfaitement son sujet et abandonne le langage du spécialiste pour une écriture fluide, simple et poétique qui parle à tout un chacun. C’est ainsi qu’après sa participation à la Commune de Paris de 1871, son exil en Suisse et le démarrage de la publication de Nouvelle géographie universelle, il donne, dans le même esprit qu’en 1869, Histoire d’une montagne en 1880. Ces deux textes seront appelés à une large diffusion jusqu’à nos jours. Les éditions Libertalia les ont réunis en un seul volume en inversant leur ordre de parution, accompagnés d’une roborative préface de Roméo Bondon, à qui l’on doit un essai sur Le bestiaire libertaire d’Élisée Reclus (ACL, 2020), et d’une brève chronologie. Il faut espérer que celui-ci touchera le plus large public possible. Conciliant d’une façon magistrale le meilleur de l’esprit scientifique avec une écriture poétique apte à toucher le plus grand nombre, ces deux textes font de Reclus un admirable pionnier de l’écologie pour qui la quête de la nature est inséparable de celle de la liberté 1 .

CJ

[1] Lire le chapitre que lui consacre Patrick Chastenet dans Les racines libertaires de l’écologie, L’échappée, 2023.

François Bordes, Zone perdue, par Anne Mulpas

Zone perdue – fragments d’itinérance. Je reprends ma chronique. Sa première version date déjà d’il y a trois semaines. A L’ours & la vieille grille. Sa deuxième version s’impose après mon cheminement dans l’exposition Rothko. Me voici au troisième temps du texte, à moins que ce ne soit le quatrième, le centième…

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Étienne Faure, Vol en V, éditions Gallimard – par Anne Gourio

Note de lectureComme on suit, fasciné, la trajectoire des oiseaux migrateurs, le dernier recueil d’Etienne Faure puise dans le ballet aérien de leur « vol en V » un sens de l’élan, du franchissement, du frayage qui se nuance en légères et souples inflexions au fil des espaces traversés à...

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Frédérique Guétat-Liviani, Il ne faudra plus attendre un train, éditions LansKine – par Étienne Faure

Ce recueil emprunte son titre à l’une des trois parties qui le composent : si c’était le cas, (passe) ; il ne faudra plus attendre un train. En découvrant cette composition, on pense spontanément à un ensemble où viendrait s’intercaler le texte de (passe). Puis l’œil et l’oreille distinguent vite une même voix, dans ces deux pans, deux partis pris formels différents dans le cheminement de l’écriture de Frédérique Guétat-Liviani.

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Le journal des poètes 1/2022 – par Nicolas Rouzet

Le Journal des Poètes, numéro 1 de l’année 2022 – La langue est aussi frontière, nous dit Jean-Marie Corbusier, pratiquer un art, c’est toujours ouvrir quelque chose qui est présent autour de nous. C’est d’un même esprit d’ouverture que témoignent les poètes luxembourgeois auxquels est consacré le dossier présenté par Florent Toniello. Ici les langues dépassent les frontières, elles se chevauchent…

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