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N° 25, printemps 2017 – Ecrivain invité

Seyhmus Dagtekin

Seyhmus Dagtekin est né en 1964 à Harun, village kurde des montagnes du sud-est de la Turquie. En 1980 il part pour Ankara afin d’y suivre des études de journalisme. En 1987, refusant de «faire [son] service militaire dans une armée qui mène la guerre contre [son] peuple », il quitte sa terre et les siens pour Paris où il vit depuis. Il écrit en turc, en kurde ou directement en français. Auteur de neuf recueils de poésie, dont sept parus aux éditions Le Castor Astral, et d’un roman, À la source, la nuit, chez Robert Laffont, il compte aujourd’hui parmi ceux qui renouvellent la langue poétique française.
Il est lauréat du prix Mallarmé 2007 et du prix Théophile-Gautier de l’Académie française 2008 pour Juste un pont sans feu (Le Castor Astral, 2007), du prix international de poésie francophone Yvan-Goll pour Les Chemins du nocturne (Le Castor Astral, 2000). Son roman a reçu en 2004 la mention spéciale du prix des cinq continents de la francophonie.
Seyhmus Dagtekin va régulièrement à la rencontre du public, et publie dans de nombreuses revues. Il a créé avec Naïma Taleb les lectures mensuelles de poésie Poètes en Résonances.

SON OEUVRE

Bibliographie
A l’ouest des ombres, Le Castor Astral, 2016
Elégies pour ma mère, Le Castor Astral, 2013
Ma maison de guerre, Le Castor Astral, 2011
Au fond de ma barque, L’idée bleue, 2008
Juste un pont sans feu, Le Castor Astral, 2007
La langue mordue, Le Castor Astral, 2005
Couleurs démêlées du ciel, Le Castor Astral, 2003
Le verbe temps, Le Castor Astral, 2001
Les chemins du nocturne, Le Castor Astral, 2000
Artères-solaires, L’Harmattan, 1997

 

EXTRAIT

Celui qui va guider la main est moins sûr que la main
Celui qui veut éclairer l’œil est plus que borgne
Celui qui veut traverser la terre est plus aveugle que la taupe dans
mon sommeil
Malgré cela, la main suit le guide, l’œil suit l’éclaireur
La terre n’arrête pas la vanité du perceur
Mais tout se passe tellement en dehors de nous
Nous laissons les enfants et les paroles grandir en et hors de nous
Avec cette joie teintée de tristesse de savoir que les tares ne sont
pas immuables et changeront aussi souvent d’âges que de visages

Seyhmus Dagtekin, 2017