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N° 5, janvier 2012 – Ecrivain invité

Boris Gamaleya

Le poète est né en 1930 à la Réunion d’une mère créole, de lointaine ascendance portugaise, et d’un père russo-ukrainien, de vieille noblesse apparentée par un ancêtre commun avec la famille de Pouchkine. Il s’était réfugié dans l’île après la Révolution d’Octobre. Il y meurt lorsque son fils a deux ans. Boris passe ses premières années à Makes, dans un village de montagne, puis chez ses grands-parents maternels à la Rivière Saint-Louis. Adolescent tourmenté, il est marqué par sa découverte des œuvres de Leconte de Lisle. Études secondaires à St Denis de la Réunion, puis en métropole jusqu’à une licence de russe à la Sorbonne. À son retour en 1955 il enseigne le français, mais son militantisme dans le parti communiste réunionnais, selon une Ordonnance dite « Debré », le fait assigner à résidence en France pendant douze ans. Il parvient à revenir à la Réunion en 1973 (après une grève de la faim de tous les exilés partageant le même sort). C’est l’année où il publie son premier recueil, Vali pour une reine morte. Dans les derniers vers du livre, l’île natale est nommée « Russie noire ». Toute l’entreprise littéraire et politique de Boris Gamaleya tient dans cette expression : mettre ensemble en les entrelaçant des régions éloignées du monde, de l’esprit et du cœur. Avec La Mer et la Mémoire – Les Langues du magma (1978), il recueille, auprès des conteurs réunionnais, une très grande partie de leurs trésors oraux. En 1980, il rompt avec le marxisme et la politique (au sens étroit et partisan du mot). Il fait désormais porter son engagement sur le terrain infini d’une géopoétique étendue au monde entier. Il approfondit son expérience de rencontres fécondantes en la rattachant aux entreprises spirituelles de toute origine : présocratiques, chrétiennes, soufies, hindoues, chinoises, japonaises, etc.